samedi, janvier 20, 2007
samedi, janvier 13, 2007
La vita contemplativa/activa

Est-ce que l'écrivain sait de quoi il parle? Est-ce qu'il le sait vraiment?
Bien sûr que non. Homer ignore des champs de bataille, des massacres, des triomphes, de la gloire. Il est aveugle. Il s'ennuie. Il doit se contenter de raconter ce que les autres font.
Il y a là une contradiction.
Ceux qui agissent n'ont jamais la capacité de dire ni de penser d'une façon de quoi ce qu'ils font. Inversement, ceux qui racontent, qui composent des vers, ne savent pas trop de quoi ils parlent.
-- extrait de Notre Musique
Ce dilemme m’obsede en particulier parce qu’il y a une telle quantité d’écrivains qui n’ont jamais rien fait d’extraordinaire dans la vie, sauf d’écrire des épopées, des poèmes, etc. Bon, admettons qu’une histoire écrite ne nécessite pas une experience vécu. Par exemple, le monde souterrain de 20.000 lieus sous les mers a été décrit, sans doute, grace à l’aide des livres contenant des dessins, parce que l’auteur n’a jamais voyagé sous les vagues.
Il y a aussi des chef-doeuvres écrits très tard dans la vie de l’auteur. Boèce, par exemple, qui a vécu ses derniers jours en captivité, a écrit sa Consolation de Philosophie pendant qu’il était prisonnier. Il y a là, bien sûr, l’experience de la vie qui pèse sur ses pensées et son écriture.
Par contre, Frankenstein, de Mary Shelley, a été écrit quand elle avait à peine 17 ans. La génie de cet ouevre réside en elle-même, mais c’est aussi grace à l’influence de son éducation et sa connaissance des textes tel que Le Paradis Perdu, de Milton.
Enfin, c’est clair que si quelque chose est destinée d’être écrite, elle sera écrite soit à l’age de 16 ans soit à 75 ans. Voilà, ce sont des questions que je me pose quand la vie quotidienne se répète, quand je vais au café, courbé par la quantité de textes dans mon sac à dos, tel que Don Quixote. L’aventure est sur l’horizon, j’en suis sûr, en attendant il faut bien connaître les maîtres.



