mardi, juillet 18, 2006

Pensée 18-07

“Ce qui ne travaille pas ne mange pas, certes, mais ce qui travaille ne vit plus.”

~ Georges Perec, "Les Choses"



“You’re an expatriate. You’ve lost touch with the soil. You get precious. Fake European standards have ruined you. You drink yourself to death. You become obsessed by sex. You spend all your time talking, not working. You’re an expatriate, see? You hang around cafés.

“It sounds like a swell life,” I said. “When do I work?”

“You don’t work.”

~ Ernest Hemingway, "The Sun Also Rises"


Au dessus, deux citations qui me font réflechir profondément. Chaque jour le chômage m’agace, du moment quand les premiers rayons du jour percent mes paupières jusqu’aux sombres heures de la nuit. Et pourtant...

Perec évoke justement le dilemme : comment vivre sans le fardeau du travail ? Je peux constater que je ne travaille pas, pourtant je mange un peu. Sans aucun doute, ce n’est pas le luxe. Mais qui peut définir le luxe ? Pour ceux qui touchent beaucoup de fric par an, selon eux, c’est la maison de vacances, la voiture hyper chère (peu utilisée), quelque chose d’ostentoire pour signaler leur succès.

Je vais ajouter, que’est-ce que le bonheur ? Pour moi, c’est le temps de me reposer au milieu de la journée pour profiter de quelques instants débranchés. Ce que je fais en ces moments-là... je me concentre sur les mots croisés, dépliés et tachés devant une tasse de café. Je fais cela pour me distraire en attendant l’arrivée d’un ami. On discute, on se souvient du temps passé à l’étranger, de la magie de Paris et de l’odeur du métro.

J’arrive à la deuxième citation. Se dire qu’on est expatrié sert a tellement de choses. C’est, avant tout, une excuse pour n’importe quelle paresse qui te mord d’un jour à l’autre. La phrase que je répète constamment : « Je viens de passer 9 mois en Europe. » L’effet de cette phrase sur les visages des américains qui n’ont jamais quitté les USA est semblable à un coup de foudre, qui fait éclater la jalousie. Ils se disent que, malgré leur succès en ce qu’ils font, ils n’ont pas profiter de leur jeunesse. Ils se voient vieillis et incapable de ne plus jamais voyager.

Nier que l’Europe m’a gâté, cela serait une mensonge. Elle m’a tellement séduit que je cherche n’importe quel moyen pour revenir. La vie parisienne de Hemingway m’appelle de loin. Le travail m’intéresse peu, je songe, j’écris, je m’imagine à l’autre coté de l’Atlantique. D’un café à l’autre, je fait des rêves par jour, content d’avoir vécu là-bas, et déterminé de retourner. Est-ce cela le bonheur ?

dimanche, juillet 09, 2006

La maison, the house...chez moi



La voilà, ma maison à Portland! Je viens de m'y installer il y a quelques jours et je n'ai qu'un lit et des tas de boites en carton. Tout va se ranger, je n'ai aucun souci. Mes colocataires, eux, ils sont vachement cools et relaxes, et ils supportent très bien ma nostalgie pour la France et l'Europe. Quant à la ville, je l'adore; elle n'est ni trop petite ni trop grande. Le centre ville est un peu eloigné mais un excellent café est à 10 minutes de chez moi où je reçois le café gratuit. C'est cela le bonheur. En ce moment, je connais trop bien le chômage mais j'en profite pour lire et pour revoir mes amis que je n'avais pas vu depuis l'année dernière. Sachez qu'il y aura toujours une place chez moi si vous desirez me rendre visite. Je vous attends les bras ouverts...

Here's the place, familiar to many of you; however, its coolness remains unknown to others. And that's your fault. Seriously, come visit. I'm unemployed and spending hours at the coffee shop with books and crossword puzzles. I have to say that I love the city, from Powell's Books (one of the wonders of the modern world) to the amazing views crossing the city bridges on summer evenings. In the end, it really is about my friends that live here, those that have made bearable my return from bliss found overseas.

samedi, juillet 01, 2006

Chers ami(e)s de Nimes,

Salut mes ami(e)s francophones! Vous allez bientôt voir, en regardant les postes de mon "blog" qui suivent, que je les ai écrit principalement en anglais. Tout ça, c'est pour mes amis américains qui ne comprennent ni la langue ni les expériences qui nous ont joignées jusqu'à jamais. C'est à partir de maintenant que je pourrai vraiment partager des souvenirs avec vous, d'une façon que je connais le mieux, par l'écriture. Il y aura mes amis américains francophones qui lisent les citations en bas mais je vous conseille de ne les pas lire parce que c'est presque inintelligible pour ceux qui n'ont jamais vecu à Nîmes. Bon, voici mes souvenirs de Nîmes, et je vous remercie pour ces souvenirs parmi les meilleurs de ma vie:

~ le vent qui sifflait autour de la fenêtre dans la cuisine de Daudet, moins fort, pourtant, que l'ébullition d'une casserole pleine de pâtes, faites par des maîtres cuisinières italiennes...

~ les romans que j'ai heureusement fermé au Salé Sucré en voyant arrivé mes amies pour le film du jour...

~ les innombrables cafés et discussions, parlant du film, de la poésie...

~ l'ivresse de la narguilé et le chant de la guitare dans la salle commune la nuit...

~ les vieilles dames à Villefranche-sur-Mer, et les coups de coude au dos...

~ la Bodega, on entrait, on sortait bientôt après...

~ les perturbations des cours par les anti-CPE, un peu de repos bienvenue...

~ les baguettes dévorées en route chez soi...

~ café-impro au Haddock...

~ les soirées de foot télévisé chez Nico...

~ vin et bougies à la crépuscule aux Jardins de la Fontaine...

~ faisant semblant d'être "le frère de Portland" pendant une soirée de feria...

~ nuit après nuit, mon logement à Daudet et la surprise des filles tchèques le matin...

~ des amies qui m'ont accompagné à la gare pour dire au revoir...


N'hésitez pas d'écrire des commentaires si certains de mes souvenirs vous ont rappelé de qqch en particulier.